New-York

New-York, ça sonne la Der des Der!

Après 19 mois passés sur les routes avec notre sac au dos, il semblerait que notre voyage touche gentiment à sa fin, et on est donc à l’orée de notre dernière étape avant de rentrer à la maison. Quel sentiment étrange, à la fois excitant et démoralisant que de sentir cette ligne d’arrivée se rapprocher à si grands pas, et qui nous paraissait alors bien loin il n’y a pas si longtemps! Elle nous semble pourtant si proche maintenant. On a l’impression d’être parti il y a des années, et en même temps, c’était hier…

On s’est souvent posé la question de savoir quelle serait notre dernière destination, et on a longtemps pensé que ça serait Cuba. Mais après avoir écumé tous les comparateurs de vol en ligne, on s’est rendu compte que rentrer directement depuis la Havane avec un vol sec, reviendrait au moins aussi cher que de faire une escale de quelques jours aux USA avant de rentrer en Suisse. On avait donc le choix entre autres, entre un stop à Las Vegas, à Miami ou à New York (rien que ça!) pour avoir ensuite des vols à tarif acceptable depuis ces villes-là. Notre choix s’est porté sur New York. La Big Apple semblaient toute trouvée pour se reconnecter avec le monde réel (quoique… on a eut l’impression d’évoluer dans un film en visitant la ville) et se réacclimater à notre « culture occidentale » (avouons qu’à ce moment-là du voyage il était difficile de décrire précisément nos envies et nos attentes…on était plutôt dans une sorte de « flou artistique » entre envie de fermer la boucle et l’appréhension du retour…).

Un retour en deux temps, mais en attendant, à nous New York!

Après cette petite pause balnéaire, culturelle et familiale à Cuba, nous voilà reparti pour un petit vol jusqu’à New York. L’arrivée dans la banlieue new-yorkaise est assez impressionnante, on n’avait pas vu d’aussi importantes étendues urbanisées depuis bien longtemps, littéralement à perte de vue, et avec au loin Manhattan et son cortège de buildings. Autant, on a toujours été à l’aise lors de nos arrivées dans les grandes villes du monde entier, autant ici on s’est senti un peu « décalé » avec nos gros sacs à dos et nos habits usés. Nous voici donc dans le train pour atteindre la gare de « Madison Square Garden » en plein Manhattan, et déjà le monde change autour de nous, avec des visages un peu plus figés et une attitude plus « individuelle » où chacun est plongé dans son monde (son smartphone en fait)… Le décalage est encore plus marqué lors de notre sortie de la gare lorsqu’on se retrouve au beau-milieu de la ville, au pied de la célèbre salle de « Sport-Spectacles » entourés de gratte-ciels, de taxis jaunes, de policiers (dont un complètement cliché, avec son bidon et un donuts à la main faisant la circulation….). Nous voilà plongé dans une réalité bien particulière, celle de New York, qu’on a pourtant l’impression de connaître par coeur de part les innombrables films et séries qui y ont été tournés…. En voilà un bel antagonisme.

Une première soirée à New-York

Les logements sont particulièrement chers dans la métropole américaine, et après avoir comparé beaucoup d’offres (hôtel hors de prix, auberges de jeunesse à minimum 50$ la nuit par personne), on a trouvé une opportunité magnifique sur Airbnb, 54$ par nuit pour deux pour une chambre dans un appartement en plein centre du quartier de Soho, à deux pas de Little Italy et de China Town. On hèle un taxi (comme de vrais new-yorkais) et on arrive devant l’immeuble où on attend Tyler, le coloc du loueur (en voyage à ce moment-là) qui rentre de son job à vélo. Il nous montre l’appartement et nous propose d’aller chercher les meilleures tranches de pizzas de la ville, à quelques bloc de là, au Prince Street Pizza. L’endroit est à la mode et il suffit de regarder les murs recouverts de photos pour se rendre compte de l’attractivité du take-away qui semble être fréquenté par toutes les stars passées et actuelles du grand et du petit écran. Et sincèrement, il faut avouer que les tranches de pizzas Peperonni sont pas mal du tout! On rentre à l’appart en partageant une bière avec le coloc qui nous donne quelques tuyaux pour visiter la ville et qui nous explique qu’il sera absent pour les prochains jours, car il doit se rendre à Vegas pour le boulot… ce qui veut dire qu’on se retrouve au final que les deux dans l’appartement pour les trois prochains jours, un vrai bon plan à 54$! Et en plein coeur de la Grosse Pomme!

Visiter New York en 3 jours, ça, c’est fait!

Trois jours c’est bien court et frustrant pour visiter et découvrir toutes les merveilles new-yorkaises, mais on en a quand même vu une partie! On n’a donc pas chaumé pour terminer notre voyage en beauté! Réveils aux aurores et juste quelques heures de sommeil (on aura tout le temps de dormir en Suisse) pour profiter un maximum. On visite la plupart des highlights de Manhattan, je crois qu’on n’a même jamais autant marché pour visiter une ville. Il est facile de se laisser aller à déambuler dans les rues new yorkaises avec ou sans but précis. On va forcément découvrir des petits coins sympas, des restaurants accueillants ou des magasins dignes d’intérêt. C’est donc une bonne manière de découvrir un ou deux quartiers, mais c’est bien fatiguant pour découvrir la ville entière, car les distances sont énormes. Tout est démesuré ici, les bâtiments,  les rues, les parcs et les magasins. Pour nous le dépaysement est total! Ce qui paraît court sur une carte peut vite devenir un labyrinthe interminable entre les buildings.

On découvre donc au fil des jours la magie de cette ville, on se laisse emporter par son énergie et son dynamisme. On n’a pas vraiment un itinéraire précis, mais tout de même quelques petites incontournables à réaliser. Eh oui, Hello le hotdog ketchup/moutarde entre deux buildings de WallStreet, la balade dans entral Park, le tour en taxi jaune ou encore le coucou à la statue de la Liberté. On a même eu droit de partager quelques miettes de pain avec un écureuil, de croiser un geai bleu et d’assister en direct à une demande en mariage sur une barque en plein Central Park, la magie de New-York quoi! En se baladant dans la ville, on passe même devant la Trump Tower, on l’a reconnaît de loin, car la rue est bloqué de partout par des grands fourgons blindés, par des policiers et des tas de journalistes (Apparemment Mister President serait dans le coin), la tension est bien palpable (certains badauds passe devant avec un doigts en l’air…). Bref, après la photo cliché avec deux policiers, on part découvrir Manhattan sous un autre angle, un peu plus vertigineux, du haut du Rockefeller Center (oui oui, là où en hiver les new-yorkais viennent patiner). La vue est juste incroyable, tout comme le prix pour y accéder (50$ par personne), mais en même temps, combien de fois dans notre vie on pourra voir ça? New York ne serait pas New York sans un verre sur un Rooftop en soirée, et on termine notre séjour par une bière en haut du « 230 Fifth Avenue » qui offre une vue à couper le souffle au beau milieu de la forêt d’immeubles de la ville. Une fin en apothéose!

Les bons plans pour les petits sous:

L’île de Manhattan est entourée d’eau, et donc logiquement le ferry est l’un des moyens les plus utilisés pour se déplacer sur les îles alentours et avoir une vue différentes des buildings. Il y a bien sûr les bateaux touristiques qui vous feront faire le tour de Manhattan, mais aussi les ferry locaux qui sont empruntés par les habitants de la région pour se rendre au travail et se déplacer. L’occasion pour nous de mettre le pied à Staten Island par le biais du ferry, en passant devant la statue de la Liberté. Sinon, l’autre option pour les petits budgets, est celui du métro. En plus d’être une attraction en lui-même, il est pas cher et rapide, parfait pour trois jours de visite. Et bien sûr, l’option la plus rentable et agréable pour admirer cette ville, ça reste nos pieds!!!

Un petit mot de fin peut-être?!?

Difficile de clôturer un tel voyage, et il faut admettre que le dernier trajet en avion pour rentrer nous paraît encore irréel tellement nos sentiments étaient contradictoires. Nous étions tiraillés entre une forme de soulagement et d’excitation comme en passant la ligne d’arrivée d’un marathon et en même nous étions animés d’un sentiment de tristesse et de nostalgie de voir notre aventure se terminer. Mais c’est peut-être pour mieux repartir? En famille? l’avenir nous le dira… Mais ce qui sûr, c’est qu’on ne sera plus jamais les mêmes qu’avant de partir. On a tellement appris durant ces 19 mois, sur nous-mêmes, notre couple et sur le monde qui nous entoure. On ne peut qu’en revenir transformé et chanceux d’avoir vécu et partagé tant de choses ensemble.

« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin »

Proverbe africain.

 

 

 

 

 

 

Album Photos

La région de Matanzas (Varadero-Matanzas-Jibacoa)

Retour sur la côte nord, dans la région de Matanzas

Après ces quelques jours dans les régions de Playa Larga, puis Trinidad, on quitte la côte sud de l’île pour nous rendre plus au nord dans la région de Matanzas et Jibacoa, où nous serons logés dans la maison de Laetizia qui avait accueilli nos parents à l’aéroport de la Havanne.

Matanzas, la Venise de Cuba

Cette ville située non loin de Varadero (40 km seulement) doit ce joli nom à ses 17 ponts qui enjambent les trois rivières qui la traversent. Elle détient également le quatrième port mondial pour l’exportation de sucre de canne. On démarre donc notre journée par de la route, 255km et 3h30 de trajet, pour rejoindre la ville côtière de Matanzas depuis Trinidad. Sur le chemin nous nous arrêtons au bord de la route pour acheter des bananes à un cubain sur le chemin. On lui propose des CUC, mais on comprend vite que pour lui cette monnaie n’a pas vraiment d’utilité ici, loin du tourisme. Il préfère de loin un T-shirt ou deux, eh oui du troc, alors on cherche dans nos affaires quelque chose à lui donner et qui au final lui seront bien plus utiles. On continue notre route avec des supers bonnes bananes jusqu’à Matanzas. Nous avons entendu parler d’une visite bien intéressante dans cette ville, celle d’une pharmacie française, qui serait apparemment, la plus ancienne de Cuba. On se rend d’abord à l’hôtel Velasco pour y manger un petit encas, et on a l’impression de remonter le temps, tellement il ressemble à un décor de film des années coloniales. Une fois repus, on traverse le parc pour aller à la fameuse pharmacie, qui semble n’avoir pas changée depuis son ouverture le 1er janvier 1882.

Il s’agirait de la plus ancienne pharmacie de Cuba, crée par le Dr. Ernesto Triolet, et unique en son genre dans le monde. Aujourd’hui transformée en musée pharmaceutique, elle est conservée précieusement comme patrimoine cubain depuis 2007.

Bien qu’ils aient été parfaitement remis en état, les magnifiques vitraux participent largement à la beauté des lieux et on se retrouve facilement projeté un siècle en arrière, entouré de tout ces objets vieillots qui semblent d’un autre temps, où l’artisanat était roi. La collection compte plus de 5 millions de pièces, de simples étiquettes, passant par les instruments ou les médicaments, jusqu’aux livres de formules chimiques. La guide nous explique avec passion les différentes utilités de chacune des reliques, où chaque chose avait une utilité bien particulière et tous les produits étaient fait maison dans ce laboratoire si bien rangé. On peut lire les anciennes recettes de médicaments encore utilisés actuellement (aspirine, suppositoires, etc…) et découvrir la multitude de récipients dans lesquels étaient stockées les nombreuses décoctions de tous genres. La découverte de ce musée est vraiment intéressante, et vaut clairement le petit stop. Il y a de nombreuses choses à faire et à voir dans la région de Matanzas, dont Varadero fait parti, notamment les magnifiques plages des Cayos, comme celle de Cayo Blanco, mais pour notre part, on se limitera à la ville même, avec son musée, et en fin de voyage à Varadero pour quelques jours de farniente. Mais avant de profiter de notre séjour balnéaire dans le monde du All Inclusive, à Varadero, on profite encore de quelques jours « à la cool » avec nos familles à Jibacoa, une coin plutôt populaire situé sur la côte près de La Havane.

Deux jours sous la pluie à Jibacoa


On poursuit notre route pour rallier notre point d’arrivée, la maison de Laetizia, à Jibacoa sur la côte nord, en direction de la Havane. On prend possession des lieux où on va passer les deux prochains jours, on serait presque « comme à la maison ». Ici, pas vraiment de tourisme de masse, même de touristes tout court. C’est au rythme de la vie locale que les choses se passent, pas de casas particulars, même si notre hébergement en fait parti, c’est plus pour accueillir les amis de Laetizia, que les touristes en vadrouille. On le verra un peu plus tard, mais Jibacoa c’est plus le stop restauration des cars de touristes navigant entre La Havane et Varadero. Il y a bien quelques hôtels plus au Nord sur la côte, où se trouvent d’ailleurs les jolies plages, mais il faut savoir que l’accès se fait surtout en voiture et les lieux sont plutôt réservés aux clients. Bref, on s’installe dans la maison, et on nous explique que dans deux jours, le « coiffeur » fera sa tournée du quartier. Son salon est plutôt original, face à la mer, sous l’ombre d’un arbre à coté de notre maison. Il faut le dire, notre séjour ici ne sera pas des plus intenses, il n’y a pas grand chose à faire, enfin même rien du tout à part marcher dans un quartier bien calme. On nous avait parlé de snorkeling juste devant la maison, mais heum comment vous dire…! Entre une mer agitée et un accès à l’eau difficile avec des morceaux de fer rouillé et des déchets partout, l’activité aquatique ne nous a pas vraiment motivé. On profite tout de même d’une autre activité, le nettoyage de la voiture sous des seilles d’eau, merci les bonnes averses tropicales !!! Pour manger, il n’y a pas mille options, deux restaurants sur le bord de la route prévus à la base pour les cars de touristes. On part donc découvrir l’un deux, et franchement super surprise. On n’aura jamais vu des assiettes aussi pleines de tout notre séjour! On repart d’ailleurs avec une partie de nos assiettes dans des sacs pour ne pas gâcher, ça fera un encas pour le lendemain.

Le lendemain justement, le temps est plus clément, on part donc découvrir les jolies plages dont on nous avait parlé, sans attentes particulières. On tente notre chance vers les hôtels du coin et on fini par tomber sur une baie plutôt pas mal, bien que privatisée pour les vacanciers de l’établissement, on pose tout de même nos petites fesses sur la plage. Franchement la plage est assez chouette et propre. On passe quelques heures à bronzer tranquillement et à snorkeller sur les quelques  morceaux de corail qu’on trouve, jusqu’à ce qu’une sacrée averse nous oblige à rentrer. La météo se calme enfin, on en profite pour admirer un magnifique couché de soleil sur la mer, avec un verre de rhum et un cigare à la main, on a connu pire! Avant de repartir pour la Havane, et sous un grand soleil matinal, le coiffeur est bien là, à l’ombre d’un arbre, et les jeunes du coin se sont retrouvés vers lui pour passer sous sa tondeuse. Mario et Michel en profitent pour se faire une coupe dans ce cadre idyllique, pour 1 CUC chacun, autant dire qu’ils s’en souviendront de ce coiffeur et de ce cadre si particulier, et en plus le résultat est pas mal du tout!

Après ces deux jours de pause, on repart retrouver l’agitation de la Havane, en faisait un petit crochet par le viaduc de Bacunayagua et son mirador, pour admirer son magnifique point de vue sur la vallée. D’un côté les plaines montagneuse de l’arrière pays et de l’autre le bord de mer, bordé de forêts de palmiers. Il y a de nombreux oiseaux et on observe avec plaisir les vautours planer face à nous avec aisance dans les courants d’air qui remontent de l’océan.

Varadero, le spring break canadien

Bon voilà, c’est presque la fin. On a dit au revoir à nos familles, bon en même temps on les revoit dans une semaine, ce qui nous fait assez bizarre d’ailleurs. On termine notre séjour cubain, et gentiment notre tour du monde (oh noooooon c’est la fin!), enfin pas tout à fait, car après Cuba, il nous restera encore 3 jours de folie à passer à New-York, histoire de vraiment finir en beauté ! Mais avant cela, on a encore quelques jours ici, et on avait besoin de se retrouver les deux en mode détente et farniente, ne plus à réfléchir au budget ou à l’organisation du voyage, juste besoin de penser à manger, à la plage et au dodo. Cela peut paraître étrange de vouloir ne plus rien faire, mais franchement, on est juste claqué ! On commence à relâcher de ces 19 mois de voyage, et notre corps nous le fait bien sentir. Même si ces 10 jours avec nos familles ont été formidables, là on se retrouve à un point où on veut juste se laisser aller au repos… Et pour cela quoi de mieux qu’une pause dans le spot de farniente par excellence à Cuba, Varadero, et en All Inclusive (donc à l’opposé total de tout ce qu’on a fait durant ces derniers mois) ! Bon, on doit bien l’avouer, on a été quelque peu dépaysé par ces minis vacances. On vous explique tout ça. Après avoir booké nos places dans les bus de touristes ralliant les hôtels de la Havane à ceux de Varadero, un moyen pratique, confort et pas trop prise de tête pour voyager à travers Cuba (25 CUC par personne, environ 3h de route), on rejoint la pointe de Varadero, avec un stop…. à Jibacoa dans l’un des fameux restaurants sur la route. On débarque dans le centre de Varadero, des shops, bars et restaurants et des hôtels de partout. Il y a un peu de tout, des casas particulars, des petits hôtels et des grands complexes, vraiment pour tous les goûts. On avait repéré sur booking.com des offres à 50% dans certains All Inclusive, mais rien réservé encore. On demande au chauffeur de nous poser devant l’un deux, le Starfish Cuatro Palmas. On demande direct à la réception sîl est possible de
réserver quelques nuits chez eux, en sachant que sur booking il y avait encore des chambres de libres, mais à notre grande surprise, on nous répond que c’est complet. On tente d’expliquer la situation, on montre même les dispos sur booking, mais rien à faire. Bon ben, on se dit qu’on va booker via booking, mais impossible de le faire. On s’agace un peu, surtout qu’il fait tellement chaud et qu’on a juste une envie, c’est de se poser les fesses sur un transat au bord de l’eau ! Bref, on cherche un peu d’autres offres, on trouve celui du Barcelo Solymar, à quelques minutes à pied d’où on se trouve, un «  4 étoiles » à la façon All inclusive, en gros faut pas trop regarder les détails. Mais sincèrement, on s’en fiche un peu, on veut juste se poser et ne plus rien faire. On réserve donc 5 nuits là-bas avec une offre à 50% !!! Après avoir bien transpiré, on débarque à l’hôtel avec notre réservation. Premier hic, la chambre ne correspond pas à ce qu’on avait réservé, pas de balcon, juste une mini lucarne, faut pas être clostro quoi ! Bon, on va râler un peu à la réception, on tente de montré notre réservation mais impossible pas de wifi ! Ben ouais, sinon c’était trop facile ! On finit pas avoir une meilleur chambre, enfin ce qu’on avait booké, après 2h ! Heureusement qu’on avait déjà reçu nos bracelets pour le restaurant pour passer le temps. Bref, on oublie vite tout ça, on est enfin posé dans un belle chambre avec tout le confort. On enfile nos maillots et direction la plage ! Franchement juste wouaaaaa !!!! La plage est carrément sublime, enfin la couleur de l’eau… ! Heureusement on ne voit pas le complexe hôtelier depuis là, il y a juste un bar en bambou et des transats pour passer le temps et boire à volonté. On se trouve deux transats et on profite de cette belle plage de sable fin et de son eau turquoise, et tous les autres touristes… Eh oui bienvenue dans le tourisme de masse ! C’est assez bizarre de se retrouver là-dedans, après avoir passé autant de temps dans des petits bouibouis, loin de la folie (enfin pas toujours non plus), mais surtout loin de cette manière de voyager. On en a fait des vacances en All Inclusive, mais on avait vite oublié ce que c’était et il faut bien l’avouer, on ne s’y retrouve plus du tout! On avait l’impression de se retrouver en plein Spring Break canadien, et dieu sait comme on les aime non amis canadiens, mais franchement là, on n’a pas vraiment adhéré à l’ambiance. Pas qu’on soit contre les Spring Breaks, mais venir jusqu’à Cuba pour boire à gogo dans des piscines ou y faire des concours de twerk, c’est un peu dommage à notre sens. Bref, chacun son truc. On a tout de même passé un bon séjour au soleil et à bronzer, ben ouais, on n’allait pas revenir tout blanc de 19 mois de voyage !

Voilà, Cuba c’est fini, mais ce n’est que pour mieux démarrer notre dernière et incroyable étape avant la Suisse, NEW-YORK ! Et franchement, c’était juste le KIFFFFFF !

Infos utiles pour la région de Matanzas et Galerie photos

Le musée pharmaceutique qui se trouve en plein centre historique, au bord del Parque de la Libertad, dans al rue Milanes de Matanzas. Prix d’entrée : 3 CUC. Elle est ouverte tous les jours de 10h à 18h, sauf le dimanche de 8h à 12h.

Le pont de Bacunayagua qui permet à la Via Blanca de franchir la vallée de Yumuri. Il est situé à 18 km à l’ouest de la ville de Matanzas

Bus La Havane – Varadero : Super confort, 25 CUC par personne., environ 3h de route. Demander dans les hôtels principaux du centre, ils vendent tous les billets et le départ se fait depuis chez eux.

Notre hôtel à Varadero : Hôtel Barcelo Solymar en All incusive, 467 CUC pour 5 nuits pour deux.

Cienfuegos et Trinidad, au coeur de l’époque coloniale

Cienfuegos, la coloniale

Après une petite pause balnéaire de quelques jours dans la magnifique région de Playa Larga, on change de province pour nous rendre d’abord à Cienfuegos, et ensuite à Trinidad. Un trajet de 3h en tout, qui nous a fait passer à travers la superbe campagne cubaine. Reconnue pour son centre historique classé à l’UNESCO et sa baie considérée comme l’une des plus belle des Caraïbes, la ville de Cienfuegos était surnommée la « Perle du Sud » à l’époque coloniale. C’est Christophe Colomb qui découvrit tout d’abord la baie en 1494, puis les espagnols y bâtirent une forteresse au XVIIIème siècle, et pour finir, les français s’y installèrent au XIXème et y construisirent le centre-ville historique actuel, reconnu donc pour son architecture coloniale remarquable et classé à ce titre comme patrimoine culturel de l’Humanité en 2005.

C’est donc en plein centre historique qu’on va de se parquer, sur la place José Marti, entourée de fabuleuses constructions colorées abritant de nombreuses terrasses, des magasins et des musées, et dont le parc central abrite un arc de triomphe et plusieurs statues, témoignant de l’importance historique et culturelle du lieu. On se balade tranquillement dans les ruelles avoisinantes afin trouver un endroit pour manger, avant de descendre la rue Santa Isabel, sur laquelle se trouve un marché touristique et pléthore de boutiques d’artisanat et d’art sur tout son long. On rejoint ainsi le bord de la fameuse baie, d’où on peut en admirer l’immensité depuis le bout du ponton, avec quelques pélicans qui se baladent au dessus de nos têtes. Il y a pas mal de touristes et on comprend bien l’attrait que suscite le centre-ville, car effectivement chaque bâtiment possède les traits de cette architecture coloniale si reconnaissable, et on se sent bien vite plongé dans un monde à part. On termine notre escale en allant nous balader à « la Punta Gorda », en empruntant le Paseo el Prado. Et il faut avouer qu’il y a de bien belles constructions, particulièrement le « Palacio de Valle », un hôtel-restaurant luxueux, mélangeant à lui seul les styles gothiques, mauresques, romans et vénitiens de manière sublime. Il y a donc une belle promenade à faire jusqu’à la pointe tout en longeant le bord de la baie. En ce qui nous concerne, nous l’avons fait en voiture lorsque nous sommes reparti en direction de Trinidad, mais nous aurions volontiers pris le temps de flâner un peu plus au milieu de ce joli quartier.

Trinidad, la multicolore

On reprend notre périple au travers des petites routes campagnardes, pour finir par retrouver la côte, où on repère ici et là quelques carcasses de crabes écrasées qui témoignent de la migration entamée le matin même, comme à Playa Larga. On se rend donc dans la province de Sancti Spiritus pour atteindre la fameuse ville de Trinidad, elle aussi classée par l’UNESCO en 1988 déjà, pour son magnifique centre historique, si authentique, coloré et vivant, au style colonial bien particulier. Fondée en 1514 par un conquistador espagnol, elle doit son essor à la culture de la canne à sucre et au commerce d’esclaves. Malgré le fait qu’elle ait été restaurée, elle a gardé toute sa dimension historique et si on fait abstraction des nombreux touristes, on a vraiment une impression de retour dans le passé lorsqu’on se balade dans les ruelles pavées, bordées par les maisons aux murs pastels dont chaque fenêtre est protégée par des barreaux parfois sculptés, parfois droits, en bois ou en métal. Le centre-ville est interdit à la circulation, sauf pour les habitants (et les touristes qui, comme nous, ont une Casa Particular centrée et une place de parking à disposition). Les ruelles sont donc relativement calmes, mais tout de même remplies de nombreux badauds qui photographient à tout va les nombreux monuments et bâtiments qui jalonnent chaque allée. On prend possession de nos chambres situées à deux pas de la tour des bandits (abritant le musée national de la lutte contre les bandits) et de la petite plazuela del Cristo si vivante, où chaque jours se retrouve un groupe de vieux musiciens qui vient jouer quelques notes de salsa durant l’après-midi. Nos chambres se trouvent au fond de la maison juste après un patio, et ne possèdent pas de fenêtre, mais juste une ouverture à côté de la porte, bien gardée par des barreaux. C’est pas les chambres les plus accueillantes, mais c’est pas bien grave, car on a accès à la terrasse juste au dessus, d’où on a une vue imprenable sur la vallée, pas mal pour prendre le petit déjeuner (si le temps est avec nous, car c’est plutôt très nuageux et humide). Entre deux averses, on part à la découverte de ce « village dans la ville », car en réalité l’agglomération est bien plus étendue. Très vite on se pose chez Don Pepe, célèbre pour ses cafés tellement originaux et délicieux (quel bonheur de retrouvé notre fameux Ice Coffee qu’on a découvert en Asie), situé sous un manguier qui laisse régulièrement tomber ses fruits et qu’il suffit de ramasser par terre pour se régaler. On croise des cow-boys sur leur chevaux, on rentre dans une petite épicerie locale où la liste des prix (en pesos bien entendu) est affichée sur une ardoise accrochée au mur, car au final il y a moins d’une vingtaine d’articles en vente, on admire les façades colorées portant les barreaux des fenêtres entre lesquels on distinguent les regards de certains habitants qui semblent parfois un peu dépités par le nombre de touristes qui se promènent dans leurs rues. On s’en va goûter un mojito vendu comme étant le « Mejor del Mundo » et dont ce petit slogan au dessus de la fenêtre du bar où il est servi à l’air de faire grand effet aux touristes. Et bien en fait, il était pas bon du tout et on en fait des bien meilleurs à la maison! Qu’à cela ne tienne, on est dans un environnement tellement dépaysant et agréable qu’il suffit de passer sa soif avec une bonne bière sur une terrasse au dessus de la Plaza del Mayor et tout rentre dans l’ordre. On passe la soirée sur la terrasse d’un restaurant qui nous propose en même un petit spectacle de danse latino réalisé par de jeunes danseurs et danseuses qui semblent prendre un plaisir immense à se produire devant la poignée de clients qui se trouve avec nous. Vu que la météo nous offre une matinée ensoleillée pour notre seconde journée sur place, on décide d’aller découvrir la playa Ancón, à 15 minutes de voiture, pour profiter encore une fois de la mer des caraïbes et s’installer sur des transats pour un moment de bronzette. Sable blanc, eau turquoise et soleil, il ne nous en faut pas plus pour nous rendre heureux et on barbotte en famille dans ce cadre paradisiaque durant une bonne partie de la journée, avant de retourner au centre-ville pour aller manger dans l’un des nombreux restaurants qui proposent souvent des tables dans des cours intérieures ou sur des terrasses assez sympathiques et loin de l’agitation de la rue. On termine notre soirée devant notre Casa Particular en nous laissant tenter par un cocktail dans le bar d’en face (et là le mojito était meilleur). On hésite fortement à suivre un groupe de touristes qui montent la rue pour aller poursuivre la fête dans la discothèque du village, la Ayala Disco, très originale car elle se trouve dans une grotte naturelle. Mais la fatigue aura eu raison de nous et c’est plutôt dans nos lits qu’on se dirige, car demain on a pas mal de route pour nous rendre à Jibacoa, sur la côte nord.

Infos utiles et Galerie Photos

A voir à faire à Cienfuegos 

Le centre historique: Il suffit de se rendre au Parque Jose Marti pour être en plein coeur du centre historique et se balader tranquillement dans les ruelles adjacentes.

Le jardin Botanique Soledad:  le plus ancien Jardin botanique de l’île et s’étendant sur près de 97 hectares, il se trouve à environ 14 km du centre-ville

La Punta Gorda: idéal pour y admirer le coucher, la balade sur le Paseo del Prado longeant la baie est sympathique et permet d’admirer parmi les plus beaux monuments de la ville.

A voir, à faire à Trinidad

Il y a beaucoup d’activités à faire Trinidad même, et dans ses alentours et ce n’est pas un hasard s’il s’agit de l’une des régions les plus touristiques de l’île. Entre visites culturelles, balades à cheval dans les vallées avoisinantes, farniente sur la plage, il y a de quoi faire à Trinidad.

La tour des bandits et son musée de la lutte contre les bandits: le musée retrace la lettre organisée contre les bandits contre-révolutionnaires entre 1960 et 1965, la vue semble être magnifique depuis le clocher et c’est d’ailleurs celui-ci qu’on retrouve sur les pièces de 25 pesos cubains. Entrée 1CUC

Plaza Major: la place de centrale de Trinidad, où il y a théoriquement du wifi. Pour pouvoir se connecter plus « facilement » il y a un réseau juste au dessus, sur les marches qui longent l’église de la Sainte Trinité, et qui sont remplies de terrasses. L’Eglise qui trône en plein milieu de la place offre un point de vu magique sur la ville.

Où sortir, où boire un verre

Les café et restaurants à Trinidad ne manquent pas et il ne faut pas hésiter à rentrer dans les troquets pour aller découvrir leur cour intérieure ou leur terrasse.

Café Don Pepe: situé à côté de la plazuela del Cristo et de la tour des bandit, ce petit café possède une terrasse verdoyante magnifique, à l’ombre d’un manguier, et propose toutes sortes de café plus originaux les uns que les autres

Disco Ayala: La discothèque de la ville, elle se trouve dans les hauteurs, à quelques minutes à pied du centre historique. Il s’agit d’une grotte naturelle aménagée en boîte de nuit, plutôt original et à découvrir ici

Où aller à la plage

Playa Ancón: Jolie plage située devant l’hôtel Ranchon Ancón, à 12km de Trinidad

 

Playa Larga et Playa Giron

Départ pour le road trip!

On nous avait prévenus, louer une voiture à Cuba, c’est un peu la loterie et en ce qui nous concerne on a aussi eu droit à notre petit couac, mais au final rien de bien méchant. En effet, c’est tout content qu’on se rend à l’Hôtel Ingleterra de la Havane, à 10h tapantes. But unique, pour prendre possession de notre moyen de locomotion, réservé préalablement depuis la Suisse par nos parents qui sont venus nous retrouver pour visiter l’île. Le programme de la journée est bien chargé puisqu’on projette de faire un aller-retour à Viñales, à 3h de route de la Havane. Arrivés devant le petit bureau de l’agence, on patiente un peu, jusqu’à ce que quelqu’un arrive et nous annonce que la voiture n’est pas prête et qu’il faut qu’on se repointe une heure plus tard. Le temps de boire un café sur une terrasse et nous revoilà! Mais là encore, on nous dit qu’elle n’est pas prête et qu’il faut qu’on revienne dans l’après-midi. Pire, on discute avec un autre client qui vient de partir avec sa voiture et qui est en panne quelques rues plus loin au milieu de la route. On se dit que c’est mal parti… On insiste auprès du vendeur pour qu’il nous appelle quand notre voiture sera là, et c’est finalement aux alentours de 15h qu’on démarre enfin avec notre Peugeot presque flambant neuve. Pour le coup, on est bien obligé de faire l’impasse sur notre virée à Viñales, et comme nos Casas Particulares sont réservées pour les jours suivants à Playa Larga et Trinidad, on doit poursuivre le programme qui était prévu. Un peu déçu de ne pouvoir se rendre dans cette belle région, on improvise et on fait un petit tour sur les magnifiques plages del Este, à 30 minutes de la capitale, certes pas sous un grand soleil, mais il y a des vagues, et Mario et Michel s’en donnent à coeur joie!

Départ pour Playa Larga

C’est donc bien matinal qu’on démarre notre périple pour la côte Sud de Cuba et la région de Playa Larga, réputée pour sa réserve naturelle et son histoire récente, le débarquement (et le flop) de la Baie des Cochons à Playa Giron. Il faut d’abord s’extirper de la Havane pour aller trouver l’autoroute, et c’est GPS-Maps.me en main qu’on touche à notre but, parce que question panneaux de signalisation, c’est un peu léger. On se lance sur l’autoroute, il n’y vraiment pas beaucoup de circulation, mais sous chaque pont et à chaque embranchement, on croise toujours pas mal de personnes qui se tiennent au bord de la chaussée à faire du stop ou à essayer de vendre leur production (majoritairement des bananes et des pommes de terre). Vu le peu de voitures et le manque d’infrastructures en matière de transports en commun, le stop est le moyen principal de locomotion, et chaque matin le même manège a lieu aux abords des autoroutes. On est malheureusement déjà cinq dans notre carriole et impossible donc de prendre quelqu’un en plus. La route est plutôt en bon état malgré, de temps en temps, d’énormes nids de poule qu’il faut tenter d’éviter. C’est d’ailleurs le plus grand danger sur les voies cubaines et souvent les touristes éclatent des pneus en passant dedans. On repère régulièrement au bord de la route des genres de grandes herses métalliques, et on avoue ne toujours pas savoir à quoi ça sert. Après 3h de route, on arrive à la sortie « Australia » pour rejoindre Playa Larga et on continue notre chemin encore une petite demie-heure pour arriver dans cette fameuse baie et se poser à notre Casa Particular, Chez Eneida. L’endroit est plein de charme, au bord de l’eau, sur deux étages, avec terrasse, et surtout on est magnifiquement bien reçu. On va passer trois jours ici et il y a, au final, pas mal de choses à y voir. Mais pour le moment, place à la Playa Larga pour se dorer la pilule au soleil. Le spot est vraiment sympa, entre les palmiers d’un côté, le sable blanc et l’eau turquoise de l’autre, on a connu pire. On se pose sur le sable, devant la plage de l’hôtel du coin, où un peu plus loin se retrouvent les locaux qui pic-niquent et dansent en famille au son de musiques latino. La plage paraît tout ce qu’il y a de plus normal, mais si on y regarde de plus près, on découvre une originalité bien curieuse. En effet, il y a ça et là, et plus ou moins bien planqué, des vestiges de la défense contre les envahisseurs américains, des blocs de béton fendus au milieu, et on imagine alors bien les soldats cubains attendre l’invasion yankee fusils à la main. Ca donne comme un petit air de plage normande mais au beau milieu des tropiques. On fait la connaissance d’un jeune cubain masseur, qui a installé sa table à même la plage, à l’ombre d’un arbre, et qui tente de profiter de la venue des touristes pour gagner sa vie. De retour à notre casa en plein centre du village, on profite du calme et de la vue depuis la terrasse avant d’aller essayer de se connecter au seul point Wi-Fi du coin, à quelques pas de là, sur la place centrale. Bien nous en a pris et malgré le fait que le Wi-Fi ne fonctionne pas vraiment, on aura eu droit à la meilleure Piña Colada de tous les temps. En effet, sur la place du village, une petite dame tient une mini roulotte et y vend ses cocktails faits à coup de jus de fruits fraîchement cueillis. L’ananas et le lait de coco sont plus que frais et mixés à la glace avant que ne soit ajouté une bonne dose de rhum et pour couronner le tout, elle saupoudre la mixture de cannelle…. Un vrai régal pour 1 CUC, autant dire que c’est la meilleure Piña Colada qu’on ait jamais bue et aussi la moins chère! On a la chance de la siroter tout en admirant un petit colibri déguster le nectar d’un arbre en fleur. Le lendemain est placé sous le signe de la découverte avec une petite excursion dans la réserve naturelle.

À la découverte de la nature cubaine

Pendant que les Da Conceiçao font la grasse mat et se prélassent sur la plage, les Thorax partent en vadrouille et notre guide, Manolito, vient nous chercher directement à la Casa. C’est avec notre voiture qu’on se déplace, car il n’y a pas assez de place dans le pick-up déjà rempli par les autres visiteurs. Notre guide, qui transite avec nous, paraît un peu stressé en regardant sa montre et on pense que c’est parce qu’on est en retard… mais pas du tout. On sort du village et on commence à voir quelques tâches sur la route, puis quelques crabes téméraires qui traversent la chaussée, et on se rend vite compte un peu plus loin de l’hécatombe qu’on a sous les yeux. On nous avait avertit qu’il fallait faire attention aux crabes en roulant dans cette région, mais on était à mille lieux d’imaginer le spectacle auquel on aurait droit. C’est la période de reproduction de ces crustacés qui vivent dans les forêts de bord mer, et chaque année à la même période, ils entament une dangereuse migration pour tenter de rejoindre l’océan afin de s’y reproduire. Sauf qu’ils sont des millions à avoir le même instinct et ils traversent la route tel un tapis continu sur des centaines de mètres. Un spectacle saisissant mais triste également, car les voitures n’ont d’autres choix que d’en écraser par centaines à chaque passage. Il est donc fortement déconseillé de rouler le matin lorsque les crabes tentent leur traversée (plus ou moins entre 8h et 10h), et comme l’état des pneus estt plus important que la survie des crustacés, ça limite un peu les dégâts… Pour notre part, on traverse au début de leur balade, donc il n’y en a pas encore trop, et pour le retour, il auront terminé leur périple pour la journée. Il ne restera alors que les cadavres écrasés dont se nourrissent les rapaces et les corvidés. On se retrouve dans la forêt avec d’autres touristes pour commencer à observer la faune locale et particulièrement les oiseaux qui sont ici nombreux. Mais le but premier de notre guide est de nous faire rencontrer l’oiseau emblématique de Cuba, le Trogon cubain, qui arbore les couleurs du drapeau national, rouge-bleu-blanc, au cri bien caractéristique. Notre guide sort son téléphone portable et un petit haut-parleur qui diffuse le chant du Trogon, et on ne tarde pas à entendre une réponse dans les cimes. On aura ainsi la chance de pouvoir l’observer facilement dans les hautes branches à quelques mètres au dessus de nous. Un peu plus loin, on aperçoit un couple de petits Todiers de Cuba, de petits oiseaux multicolores qui sont reconnus pour leur chant très mélodieux. On poursuit pour s’enfoncer un peu plus dans la forêt et faire un petit tour dans une grotte, où on retrouve nos amis les crabes, cette fois-ci en meilleure posture que sur la route, et qui arpentent les parois d’où s’envolent des dizaines de chauves-souris et qui constituent leur casse-croûte… On aurait jamais pensé que des crabes puissent s’attaquer à des chauve-souris! On continue encore un peu et on se poste devant une autre grotte où se trouve régulièrement un boa, mais il n’est pas là aujourd’hui, alors on repart dans cette forêt sèche qui pousse au milieu de l’ancien platier de corail aux roches acérées. On remonte dans la voiture pour se déplacer de quelques kilomètres, au départ du Trail « Enigma de las Rocas ». On s’enfonce à pied dans une jungle plus tropicale et au bord d’un marécage, où on aperçoit une forme qui s’approche dans l’eau boueuse. Un crocodile cubain, qu’on ne trouve qu’ici, vient à notre rencontre. Même s’il est pas bien grand, c’est impressionnant de voir un tel animal d’aussi près et en pleine nature. Vu son comportement (venir vers nous alors que son instinct lui dicterait plutôt de fuire, on se dit qu’il doit être nourri…). L’excursion se poursuit vers des trous d’eau entourés de forêt, où se trouve des poissons et tortues qui semblent bien tranquilles. On en profite pour se faire une petite baignade, non sans une petite appréhension car les croco ne sont pas loin, mais selon notre guide, pas dans ce bassin-là. Une petite pause bien méritée avant de repartir dans le jungle où on nous montre encore des plantes endémiques avec fierté, dont un cactus particulier qui, lorsqu’on passe les mains sur ses épines, laisse échapper un son d’eau qui s’écoule. Manolito nous explique sur le trajet du retour, avoir été l’instigateur de plusieurs projets de protection de l’avifaune régionale depuis de nombreuses années et qu’il a dévolu sa vie à cette réserve de Cienaga des Zapata, qui touche toute la région et en est l’un des attraits principaux. Et il est plus que conscient des enjeux actuels en ce qui concerne l’augmentation du tourisme. Effectivement, la réserve à proximité de Playa Larga ne tiendra pas longtemps avec le tourisme de masse qui arrive peu à peu pour profiter des richesses naturelles de cette partie du pays. Gageons que les autorités locales sauront tirer profit de cette nouvelle manne financière, tout en préservant et protégeant son patrimoine naturel incroyable. De notre côté nous avons été plus que satisfait de cette escapade proposée par Daniel et Eneida à notre casa, et il semble que ça soit une bonne solution car toutes les excursions ne sont pas forcément réalisée avec des guides professionnels tels que Manolito.

 

Casa Eneida, un accueil à la cubaine

On est le 17 avril et c’est un jour un peu particulier puisque Dolorès (maman de Lorin) fête son anniversaire. L’occasion était donc belle de marquer le coup, car fêter son anniversaire à Cuba c’est pas tous les jours. Pour l’occasion, Daniel et Eneida nous ont mis dans la confidence et ont préparé un repas royal pour la plus grande surprise de la principale intéressée. Après être allé déguster une petite Piña Colada sur la place du village, on revient chez Eneida qui nous sert un repas copieux et bien local, un cochon de lait préparé à la cubaine et qui constitue ici le repas de fête traditionnel. Bien qu’ils ne s’étaient pas prévus à table avec nous, on insiste pour que nos hôtes se joignent à nous pour manger et partager tous ensemble ce moment. On aura même la chance de recevoir la visite d’une luciole devant la terrasse, qui nous offre un petit ballet lumineux complètement approprié aux circonstances. On termine en beauté la soirée avec un dessert fabuleux préparé par Eneida, un bon vrai gâteau d’anniversaire, goûtu et léger à la fois, de quoi aller se coucher le ventre plein, et la tête remplie de magnifiques souvenirs. Merci encore Eneida et Daniel pour votre accueil fantastique!

Playa Giron, des crabes par milliers et l’anniversaire de la débandade américaine!

On repart de Playa Larga pour notre prochaine destination, Cienfuegos, puis Trinidad. Mais impossible de ne pas nous arrêter en route pour découvrir encore quelques pépites. En effet, et avant toutes choses, on quitte Playa Larga en passant par la route côtière, qui est entrain de se couvrir sous nos yeux de crabes en quête de partenaires. On essaie de tracer rapidement jusqu’à Cueva de Los Pesces, avant que la migration n’atteigne son apogée. Cueva de Los Pesces est un lieux particulier, où, côté mer, il y a un spot de snorkelling dans une eau turquoise fluo comme on a rarement vu, et côté forêt, une piscine naturelle remplie de poissons et entourée de rochers. Une fois sur place, on prend d’abord le temps d’apprécier cet incroyable spectacle qui démarre sous nos yeux, celui de la migration des crabes qui se déplacent par dizaines de milliers. Et pour le coup, il y en a bien plus que lors de notre premier passage deux jours plus tôt lors de notre excursion. Ils recouvrent littéralement la route, arrivent de partout dans un crépitement incessant et donnent l’impression que le sol tout entier est en mouvement. C’est un peu effrayant et limite angoissant, mais en même temps, ils ne se préoccupent pas du tout de nous, et passent tranquillement entres nos pieds, avec pour seul et unique objectif, rejoindre la mer pour s’y reproduire. Il y en a partout, dans chaque recoins, sur chaque pierre, au pied de chaque arbre, se déplaçant tous dans la même direction comme un tapis orange que seuls les bus réussissent à déchirer lors de leur avancée mortelle sur la chaussée. Il y a des crabes partout, partout, partout et on était à mille lieux d’imaginer qu’on assisterait à cela un jour. Quelle chance! On profite du soleil pour se mettre un moment à l’eau et faire découvrir les joies du snorkelling à Mario, qui semble apprécier ce spectacle. On est certes pas tout seuls dans l’eau, mais on se met tous dans le bain pour profiter de cet endroit magnifique une dernière fois. Playa Giron n’est pas loin et on s’y rend pour notre prochain stop. L’endroit est chargé d’histoire, et pour cause, c’est le lieux de l’une des plus cuisantes défaite de la CIA, lors de la tentative d’invasion de Cuba entre le 15 et le 19 avril 1961 par des exilés cubains (soutenus et formés par les américains donc) et visant à renverser le régime de Fidel Castro. On est donc dans la célèbre baie des cochons, qui fait encore actuellement la fierté du peuple cubain et on le remarque bien vite au travers des énormes panneaux vantant les exploits militaires des forces castristes tels que « Giron, première déroute de l’impérialisme yankee en Amérique latine » ou encore « Ici s’est livré un combat décisif pour la victoire ». C’est donc à la lecture de ces slogans qu’on entre dans le petit village de Giron, bordé par la fameuse plage, qui est aujourd’hui occupée par un hôtel de luxe (mauvais gôut?). Il faut bien avouer que l’endroit ne jouit pas d’un charme extraordinaire et que Playa Larga est plus sympathique. La playa Coco juste à côté semble, par contre, être assez accueillante, mais nous n’y sommes pas allés. Mais rien que pour l’histoire du lieux, ça vaut la peine de s’y arrêter quelques instants. La rue principale est entrain d’être aménagée pour accueillir une cérémonie de commémoration car le lendemain sera fêté l’anniversaire de le débandade américaine. On y trouve également un musée retraçant en détail la bataille qui s’est déroulée ici-même et devant lequel trône fièrement un avion cubain ayant aidé l’armée à prendre le dessus sur les anti-castristes yankees. Courte pause donc avant de reprendre la route en direction de Cienfuegos, à travers la campagne cubaine, au milieu de laquelle on en profite pour faire un petit arrêt bien original dans un petit village, où des jeunes sont entrain de baigner leur chevaux au bord de la route, dans une sorte d’étang improvisé. Ils devaient être autant surpris de nous voir nous arrêter, que nous de les voir s’amuser dans l’eau avec leurs montures. Prochaine étape, Cienfuegos, puis la fameuse petite ville de Trinidad, pour y rejoindre notre prochaine Casa Particular.

Infos utiles et galerie photos

Comment aller à Playa Larga

Depuis la Havane, Il faut compter environ 3h – 3h30 de route. Prendre l’autoroute n°1 en direction de l’Est et sortir à Australia, direction Playa Larga – Playa Giron. Il y a des bus Viazul qui s’y rendent également. Prendre ceux allant à Trinidad qui passent par Playa Larga (à consulter ici, aucune idée si les horaires sont toujours d’actualité par contre)

Ou dormir à Playa Larga

Notre Casa « Chez Eneida » était vraiment top, mais pas dans les premiers prix. Située à 200m de la place centrale, au bord de l’eau, l’accueil était plus que chaleureux et la nourriture excellente. Comptez 35 CUC la nuit par chambre.

Que faire à Playa Larga

On vous conseille clairement de passer par la place du village pour voir si « la petite dame à la roulotte à cocktail » est là, car c’est simplement les meilleures Piña Colada qu’on ait bu (1 CUC).

Il y a la plage de l’Hôtel Horizontes qui est accessible (10 minutes à pied, ou parking 1CUC) et qui est sympa, avec un petit bar sur la plage, location de chaises longues possible.

Pour les excursions dans la réserve, il y a des agences au centre du village, mais nous sommes passés directement par Daniel et Eneida de notre Casa pour réserver. Notre guide était très professionnel, un biologiste confirmé, amoureux de sa région, donc on a rien à redire, si ce n’est que c’était top! Une partie de l’excursion était la marche du « Trail Enigma de las Rocas » (se trouve sur maps.me)

Sur la route en direction de Playa Giron, il y a plusieurs lieux d’intérêts dont la Cueva de Los Pesces (à 18km de Playa Larga), avec sa piscine naturelle et son jardin de corail (pas le plus beau qu’on ai vu, mais pour les caraïbes c’est pas mal). Il y a possibilité de faire de la plongée à la Punta Perdiz ( 24 km de Playa Larga). Après Playa Giron, la playa Coco semble être une bonne alternative aux plage de Playa Larga. Un peu plus loin encore (10km après Playa Giron, sur la côte) se trouve la Caleta Buena, une autre piscine naturelle pleine de poissons, et ouverte sur l’océan (15 CUC l’entrée).

Si vous y êtes comme nous en avril, alors vous aurez probablement l’occasion de voir les crabes se diriger en nombre vers l’océan. Il faut éviter de rouler entre 8h et 10h environ, lorsqu’ils se déplacent tous en même temps. D’une part cela vous évitera d’en écraser des centaines, et d’autres part ça préservera vos pneus (il semble que les assurances ne couvrent pas ce type de crevaison). On les croise principalement entre Playa Larga et Playa Giron, et on en a vu aussi sur la route côtière à l’approche de Trinidad en arrivant de Cienfuegos.

La Havane

La Havane ou Habana

Nous voilà sur le départ depuis le Pérou, et on s’apprête à quitter cette très belle partie du monde, l’Amérique du Sud, pour en découvrir une autre, et pas des moindres, celle des Caraïbes, avec sa très belle île de Cuba, où l’histoire et la culture se croisent à chaque coin de rue. Ce n’est pas la première fois que nous nous rendons dans cette région du globe, on y était déjà allé en 2013 pour explorer la République Dominicaine, mais dans un mode un peu plus « vacancier ». On avait juste adoré, et déjà fait de très belles rencontres, comme un avant goût de ce long voyage que nous avons vécu durant ces dix-huit derniers mois. Nous voilà donc prêts à partir et on commence avec une belle surprise, UN SURCLASSEMENT en première classe!!! Yeah, merci Avianca ! Les 4h qui nous séparaient de Cuba ont passé comme une lettre à la poste, une de coupe de champagne, un super repas, une petite sieste confortable et on pose enfin le pied à la Havanne. Cuba est pour nous un tournant assez particulier de notre voyage, pour différentes raisons. La première est qu’on va y retrouver quelques amis de voyage, l’une de nos compatriotes suisses avec qui nous avions parcourus le Nord de l’Argentine en voiture, Jess, ainsi que la belle rencontre du Sud Lipez en Bolivie, nos toulousains Flo et Lucas. Ensuite, ça sera l’occasion d’accueillir nos familles qui viennent nous retrouver pour visiter Cuba avec nous! C’est donc avec notre carte de tourisme en main (plus d’infos sur le Visa pour Cuba ici) qu’on passe la frontière de l’aéroport de la Havane et nous voilà déjà entrain de démarrer une nouvelle étape de notre voyage.

 

Premiers pas à Cuba

On nous avait prévenus que sortir de l’aéroport pouvait prendre beaucoup de temps ici, entre les contrôles d’identité, de visa, de sécurité, et récupérer ses bagages, il semblait que ça prenne plus de temps ici qu’ailleurs. Mais au final, c’est allé assez vite et ça n’a pas duré plus longtemps que dans un autre aéroport. On profite également d’être à l’aéroport pour tirer nos premiers CUC (pesos cubains convertibles, plus d’infos ici) au bancomat qui se trouve à la sortie de du terminal, et aussi d’acheter une carte d’accès à internet (plus d’infos ici). On est fin prêt pour partir à la découverte de la capitale cubaine et on cherche un taxi pour rejoindre le centre ville où nous attend notre hôte. On remarque vite les taxis « officiels » en jaune, qui démarchent tous les touristes sortant de l’aéroport (comptez 25-30 CUC le trajet avec eux), mais nous, on avait plutôt une autre idée en tête, trouver une vieille voiture américaine typique de Cuba, c’est un peu l’image qu’on a tous d’ici, et on ne pouvait donc pas démarrer ce voyage en taxi normal (et en plus c’est moins cher). On trouve assez rapidement un jeune homme qui nous prend pour 20 CUC (et on a réussi plus tard à en trouver un pour 15 CUC). Rien que le trajet dans cette vieille auto bruyante et rutilante nous plonge déjà dans le bain. Il fait beau et chaud, une arrivée parfaite dans la capitale cubaine. On passe à côté de la Plaza de la Revolution, où trônent les portraits du Che et de Camilo Cienfuegos, face au mémorial dédié à José Marti. On s’enfonce dans les ruelles du centre-ville, et notre chauffeur cherche notre Casa particular. Il faut voir les Casas particulares comme des chambres louées chez l’habitant, même si maintenant le business est plutôt bien rôdé et on est plus dans un genre d’AirBnB que vraiment chez l’habitant (plus d’infos ici). On se retrouve à deux pas du centre historique (le vieux Havane), dans les quartiers bien populaires, à 10 minutes à pied des places principales. De prime abord, on était un peu surpris en sortant du taxi car les rues sont vieilles et en mauvais état, et les bâtiments tombent en ruines. C’est un peu mitigé qu’on monte les escaliers pour rencontrer notre hôte, en se disant qu’on a peut-être mal choisi notre quartier. Mais ce sentiment va vite disparaître au profit de la découverte de la vie cubaine, la vraie. Le centre historique a vraiment beaucoup de charmes, des petites ruelles étroites, dont les murs fissurés des habitations sont souvent colorés, et où la plupart des cubains vivent dehors dans une joyeuse cacophonie. A Cuba, tout se passe en extérieur, on y joue aux cartes, on y chante et on y danse, on y joue au foot, on y vend des fruits et répare les voitures, une ambiance que nous n’avions encore vu nulle part ailleurs. Dans le centre historique, on peut également trouver de magnifiques monuments anciens, datant de la colonisation espagnole, un patrimoine incroyable, qu’on découvre à tous les coins de rue. La ville est également entourée de fortifications, et on peut d’ailleurs visiter la forteresse de San Carlo de la Cabaña, juste à l’extérieur de la ville, d’où le point de vue sur le vieux Havane est vraiment pas mal. A peine arrivé et on est déjà complètement dépaysé et sous le charme. On ADORE ! En en bonus, notre hôte est vraiment toute gentille, une vieille dame avec un accent espagnol bien prononcé, et qui est encore plus marqué quand elle tente de nous parler en anglais. Ce premier accueil est plutôt chouette, et on a bien hâte de partir en exploration dans ces ruelles si animées. On finit la journée avec un joli coucher de soleil depuis notre balcon donnant sur la rue, où on a tout loisir d’observer la vie se dérouler simplement devant nos yeux. Et il s’en passe des choses! On observe une économie « parallèle » où les gens viennent toquer à des volets d’entre lesquels une main sort une bouteille en plastique au contenu inconnu. Un peu plus loin, un vendeur de fruit pousse son chariot sur lequel sa sono crache de la salsa, ce qui fait danser une jeune écolière qui rentre chez elle, et sur le balcon d’en face, une vielle dame sort toutes les cinq minutes jeter un oeil  dehors avant de retourner dans son fauteuil. En fait, être là au milieu nous permet de prendre le poul de la ville, comme une prise de température avant de se jeter dans le bain. Une première journée qui a plutôt bien démarrée dans la capitale cubaine. Il nous reste quelques jours avant de retrouver nos familles que nous n’avons pas revus depuis un an et demi. C’est donc bien impatient que nous attendons ces retrouvailles avec nos parents, mais avant cela, on retrouve d’abord Jess pour deux jours, et qui elle aussi, attend l’une de ses proche pour terminer son voyage de plusieurs mois en Amérique du Sud. On retrouvera également Flo et Lucas. Au final ces quelques jours passent rapidement, sous le soleil, avec des mojitos et de superbes moments de partage, notamment lors d’une virée dans le nouveau Havane avec nos amis toulousains, pour une soirée plutôt originale dans l’une des boîtes les plus prisée de la capitale, à la Fabrica del Arte. Avec Jess, on profite de changer de
Casa Particular pour aller voir une autre partie de la ville, où on avait réserver à l’avance une chambre pour trois, dans le quartier chinois. Encore un quartier bien original, plein d’animations, où on déguste les meilleurs jus de goyave au monde !!!! Incroyable, quel plaisir de goûter à ce délicieux fruit rose, vraiment succulent, surtout quand il fait 40° dehors. Ce qui est sûr, c’est que Cuba, au niveau des fruits et de la nourriture c’est pas mal du tout, même si ce n’est pas toujours varié (pas d’importations et sur l’île, et l’agriculture est limitée). On se régale de bonnes pizzas au fromage (oui, des Pizzas ! On sait, on était un peu en manque, et en même temps des pizzas à moins de 1$ c’est pas tous les jours), mais également de homards, l’une des spécialités de la Havane, dont l’incroyable homard à la sauce café du restaurant El Figaro, un régal absolu on vous dit ! Bon, à Cuba, il y a le homard, mais aussi et surtout les cocktails à base de rhum. Entre 1 et 5 CUC le cocktail, autant dire qu’on s’est fait plaisir. On a un peu tout vu et tout goûté, de l’excellent Daiquiri ananas du Floridita rendu célèbre par Hemingway (15 cuc tout de même), au plus classique cuba libre et l’incontournable Mojito, ou encore à la succulente Piña Colada savourée dans les rues de Playa Larga. Le Havana Club, il y en a partout ! On profite aussi de ces quelques jours pour découvrir les superbes plages à l’est de la Havane, les playa del Este, à 30 minutes en bus du centre, eau turquoise et sable blanc au progamme. On se balade également sur le superbe malecon, la promenade du bord de mer, d’où on s’attendrait presque à distinguer les îles américaines de Key West, à seulement un peu plus de 150km de là. On prend le temps également de découvrir les lieux touristiques comme la rue Obispo ou le Parque Central et le Capitole et tout ça sous un grand soleil. Et on s’enfile durant une matinée dans le musée de la Revolucion, ancien palais du gouvernement, pris d’assaut en 1957 par Fidel Castro et les forces révolutionnaire et dont les impacts de balles dans les murs témoignent encore de ce violent passé.

 

Rien de mieux que la famille!


Une année et demie que nous n’avions pas vu certains de nos proches dont le papa à Nath et les parents à Lorin, autant dire qu’on est plus qu’impatient. On se pose pas mal de questions, comment vont-ils nous trouver ? Est-ce qu’on aura changé ? Comment se passera ce voyage à 5 ? Bref, quelques interrogations mais également quelques montées émotionnelles (surtout pour Nath), car on arrive bientôt à la fin de ces 19 mois de voyages à l’autre bout du monde, donc on a beaucoup de choses en tête, et un mélange de toutes sortes d’émotions par toujours évident à comprendre et à maîtriser. Et à cela, il faut encore ajouter le fait que lorsqu’ils repartiront pour la Suisse, on pourra leur dire « à dans deux semaines ! »… et ça c’est bizarre! Pour l’occasion, on change encore une fois de Casa Particular, réservée cette fois-ci par les soins de Dolores et Michel, les parents de Lorin. Cette partie du voyage à Cuba sera un peu différente, car on ne voyagera plus à deux mais à cinq, et surtout, on est vraiment chanceux, car nos familles ont voulu nous offrir ces quelques jours passés tous ensemble. Encore un autre cadeau de leur part, qu’on a plus que hâte de partager en leur compagnie. Avant de les retrouver, on s’installe déjà dans notre nouvelle Casa, chez Enrique et Mariza, un couple de cubains extraordinaires, avec qui on vivra de superbes moments, et surtout où on dégustera le meilleur petit déjeuner de tout notre séjour avec les fameuses omelettes d’Enrique et les jus de fruits frais de Mariza. On dépose nos sacs, heureux et impatients à l’idée de revoir nos familles. À la base, nous avions prévu de nous retrouver ici, chez nos hôtes, mais notre impatience ayant pris les devants, on décide de leur faire aussi une surprise, en les accueillant à l’aéroport-même, situé à une bonne demi-heure de taxi. Mais apparement le sort en a décidé autrement, comme en Nouvelle-Zélande pour accueillir Vanessa (la petite soeur à Nath), où on a surtout bien raté notre truc (mais au moins avec elle, arrivés sur place, elle était encore là). On vous explique donc notre « accueil à la cubaine ». On arrive un peu après l’heure de l’atterrissage prévue, histoire de leur laisser le temps de passer la douane et de récupérer leur bagages, on demande où sont les arrivées depuis l’Europe, et on les attend… encore et encore. On finit par leur écrire un message, car on se rend bien compte que leur avion s’est bien posé et il semblerait avec un peu d’avance. Le message a de la peine à partir, jusqu’au moment où on reçoit la réponse : « Vous êtes où? on arrive au centre de la Havane ». À cet instant, on faisant pas trop les malins, surtout qu’on avait trop envie de faire cette surprise! 18 mois sans voir ses proches et on les loupe de quelques minutes, on est quand même très déçu (Nath : « au bout de ma vie oui ! »). Bref, ça, c’est fait! Et il faut ajouter qu’on avait utilisé nos derniers CUC pour prendre le taxi et que l’ATM de l’aéroport ne fonctionnait pas, donc on s’est dit qu’on allait rentrer en stop… ! Heureusement, nos proches ont tout de suite demandé au chauffeur de faire demi-tour pour venir nous chercher et 30 minutes plus tard, c’est le cœur serré et les larmes aux yeux qu’on retrouve ceux qui nous avait tant manqué (vous avez même droit à un petit aperçu de ce moment dans notre montage vidéo). On embarque dans la très belle Cadillac, où on y fait la connaissance de Laetitia (la maman d’une amie à Dolores et par qui ils sont passés pour réserver certaines Casas) et de son chauffeur.  C’est donc heureux et soulagés qu’on va prendre notre premier
repas d famille sur une terrasse et on consacrera les jours suivant à la plage, aux mojitos, et la découverte de la ville. On les emmène à la découverte de nos terrasses préférées, on se balade dans les rues animées du centre, on parcours de long en large le Paseo de Marti qui relie la vielle ville au Malecon, et tout comme nous durant nos premiers jours, on les voit s’émerveiller de toute cette agitation et de chaque recoins de cette ville si particulière. Quel bonheur de pouvoir partager tout ça avec eux! Et l’une de nos première activité sera de les emmener à la playa del Este, pour les mettre directement dans l’ambiance.

 

La Havane, où le passé se mêle au présent

On aura tout de même passé bien du temps dans cette capitale, près d’une semaine et demi à explorer ses ruelles animées et colorées, à partager nos souvenirs avec nos proches et poursuivre des amitiés naissantes avec nos amis de voyage, et à en apprendre encore d’avantage sur l’histoire cubaine et celle de la Havane. Pour nous, cette ville mérite vraiment de s’y attarder un peu, surtout qu’elle change et évolue chaque jour. On y voit des hôtels et des restaurants pousser presque comme des champignons et des paquebots de touristes américains débarquer tous les jours, mais heureusement, il est encore très facile de s’échapper de cette partie là du tourisme de masse, tout en admettant qu’il prend de l’ampleur chaque année. Bref, la Havane, avec son vieux quartier, ses ruelles populaires et son dynamisme, reste un endroit magique et unique. Tous se passe dans les rues, il suffit donc de s’y perdre et de vous laisser charmer. On y croise des vieilles carrioles américaines de toutes les couleurs, et pour certaines on se demande comment elles peuvent encore rouler, d’autres sont toutes belles et clinquantes pour attirer les touristes en quête d’ « authenticité », car faire un tour dans la Havane dans une décapotable des années 50 est un des highlights de la capital et un véritable business pour les locaux. C’est pas tous les jours qu’on peut faire un tour dans une de ces antiquités, et on a d’ailleurs choisi de découvrir tout les cinq certains quartiers de la ville en belle Cadillac rose, cheveux au vent! Avant cette balade aux allures de retour dans le passé, on avait tenté une autre manière de découvrir la ville, mais qu’on déconseille pour son manque d’intérêt et son prix. On s’est laissé allé à monter dans un des bus à deux étages qui font le tour de la ville et s’arrêtent régulièrement pour y déposer des touristes. Alors d’une part c’était cher (10 CUC par personne) mais en plus, la boucle était très longue et sans grand intérêt, et ressemblait plus à une visite des hôtels internationaux de la ville qu’à une véritable découverte de la ville. Mais au moins on a pu prendre le temps nous arrêter sur la Plaza de la Revolucion connue pour ses portraits du Che et de Cienfuegos, respectivement sur le bâtiment du ministère de l’intérieur et de la poste et qui font face au mémorial dédié à José Marti, une tour de 109m de haut, et au pied de laquelle Fidel Castro faisait ses discours les plus importants. On tentera aussi d’aller visiter une fabrique de cigares, car il y dans la Havane même, la fabrique de Romeo et Juliette. Malheureusement, ces visites se réservent à l’avance en raison du grande nombre de touristes qui viennent en excursion depuis la station balnéaire de Varadero. Et comme les places sont limitées, mieux vaut s’y prendre un ou deux jours avant. Petit regret sur ce coup-là. Qu’à cela ne tienne, on aura quand même avalé les kilomètres en ville, à la recherche de terrasses pour y déguster de bonnes glaces, à parcourir les ruelles jusqu’au marché artisanal de San José, ou encore à traverser Chinatown en contournant l’imposant Capitole. C’est sûr, à la Havane, il ne faut pas compter ses pas, et de toutes façons avec tout ce qu’il s’y passe en continue, on ne se rend même plus compte des distances qu’on parcourt. On a également testé quelques restaurants et plats locaux avec nos parents, et on avoue qu’on a souvent très  bien mangé. On retient particulièrement la Ropa Vieja, un genre de bouilli de boeuf effiloché, à la sauce tomate. On note aussi les fameux et succulents Daïquiri de la Floredita, bar et cocktail préféré de Ernest Hemingway et qui vaut le détour, même si c’est touristique. Dolorès s’est laissée aller a quelques pas de salsa avec un  jeune costaricain, pendant que Mario et Michel admiraient le groupe de musiciens et leur chanteuse jouer en live. Vous l’aurez compris, à la Havane il est impossible de s’ennuyer!

Infos utiles et Galerie photos

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Carte de la Havane

Pour avoir une petite idée du tour possible à faire dans la Havane, voici quelques lieux que nous avons visités ou que nous pensons vraiment intéressants à découvrir. En sachant qu’il n’y a de loin pas tous les endroits à voir, tout dépend de vos envies (musées, bars et architectures).

  1. Fortaleza de San Carlos de la Cabana
  2. Castillo de San Salvador de la Punta
  3. Castillo de la Real Fuerza
  4. Plaza de Armas
  5. Place de St-Francisco de Asis Basilica
  6. Musée du Rhum
  7. Marché artisanal Almacenes San José
  8. Fabrique de cigare Roméo et Juilette
  9. Le Capitole
  10. Place centrale (bus Turbus)
  11. Bar Floridita (meilleur Daiquiri)
  12. Musée de la Révolution
  13. El Malecón

Quoi voir et visiter : Les différents musées, comme celui du Rhum Havana Club ou de la révolution, la fabrique de cigare Roméo et Juliette (réserver à l’avance), le marché artisanale Almacenes San José (bon c’est assez touristiques et les articles se ressemblent tous, mais cela reste le marché de choix pour ramener un souvenir de la Havane), le Fort El Castillo de la Real Fuerza et celui d’El Castillo de San Salvador de la Punta, le Fort Fortaleza de San Carlos de la Cabana (pour s’y rendre même bus Turbus que pour Playa del Este), et encore bien d’autres monuments. Le quartier de Chinatown est également bien différent du reste, encore préservé des hôtels de luxe et des rénovations modernes.

Où dormir à la Havane : le choix ne manque pas, on aura dormi dans 4 Casas différentes à la Havane, mais on ne se souvient que de 3 noms que vous pouvez retrouver ici.

Où manger : On a trouvé un petit restaurant bien sympathique et pas cher du tout  pour de très bons plats, avec des concerts chaque soir (pas salsa quand on y était), le Industria 8 qui ressemble un peu à une petite cave à Jazz, à deux pas du Malecon. On conseille également le El Figaro et sa terrasse, dans la Calle Aguiar, où à mangé le fameux homard à la sauce café, mais il y a bien d’autres plats succulents à y découvrir.

Comment se déplacer : A pied !!!! C’est là que vous découvrirez toute l’essence de la Havane, perdez vous dans les ruelles animées de la ville et laissez vous séduire par le charme cubain. Sinon, il y a toujours l’option taxi en vieille cadillac ou un bus touristique.

Où sortir : La Fabrica de Arte Cubano  qui se trouve à la Calle 26 | Corner 11, La Havane 10400. Sinon, il suffit de vous balader au centre pour trouver des bars et des salles de danses pour vous essayer au style cubain.

Les alentours de la Havane : A la base on cherchait à être près des plages, mais au vu du manque de casas et des transports, on vous conseille plutôt de rester sur la Havane et de prendre le bus bleus, les Turbos (attention les rouges à 2 étages font le tour de la ville) pour les plages de Playa del Este, qui se situent à 30 min de là et pour seulement 5 CUC. Les bus sont réguliers, toutes les 45 min. Le départ se trouve sur la place Parque Centrale. Il est également possible de prendre un taxi collectif pour seulement 1 CUC, mais il faut bien le négocier, car ces taxis sont plus utilisés par les locaux.